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Travaux  > Écrits  > Rencontres  > Nancy, médiation  > La culture scientifique et technique en France, forces et faiblesses

vendredi 11 mai 2006, par Paméla Huron

Compte-rendu de l’intervention de Marie-Christine Blandin, sénatrice du Nord-Pas de Calais et co-auteur du rapport d’enquête pour le Sénat Une culture scientifique et technique pour tous ? Une priorité nationale (2003).

Marie-Christine Blandin analyse le partage du savoir en France. Elle dénonce notamment les failles de ce secteur et montre l’urgence d’une relance de la diffusion de la culture scientifique et technique. Théâtre, ballets, expositions, en France, « la culture existe et le talent est bien là », constate M.-C. Blandin. Hélas, la culture scientifique peine à se développer. Le rapport intitulé Une culture scientifique et technique pour tous ? Une priorité nationale (2003) analyse les problèmes associés à ce secteur. En s’appuyant sur ce rapport, la sénatrice brosse un portrait sévère de la culture scientifique en France en abordant trois points essentiels. La culture scientifique est frappée par l’injustice budgétaire. L’apport financier provient des ministères de la recherche et de l’enseignement supérieur, de la culture ainsi que de l’industrie. Or, la quasi-totalité du budget, estimé à 180 millions d’euros, est destinée aux structures de l’Ile de France. Les établissements de province se partagent quelques 4,6 millions d’euros ! M.-C. Blandin lutte donc depuis sa région du Nord pour une meilleure répartition nationale des fonds. Le soutien financier des collectivités territoriales est insuffisant. Les structures décentralisées de culture scientifique « vivent mais ne créent plus », observe la sénatrice. Pour éviter l’impasse, les établissements font appel aux industriels, ce qui requiert une vigilance accrue par rapport au contenu des expositions et autres supports culturels. En effet, les événements financés par les entreprises privées exposent des résultats techniques mais ne suscitent aucune réflexion vis-à-vis de la science et de ses enjeux. « Quant à l’école, il est temps d’y intégrer plus de science », déplore M.-C. Blandin. Garant de l’éveil et premier échelon de l’acquisition du savoir, l’école doit s’ouvrir davantage à la science pour « solliciter des vocations » et, plus tard, « rendre le citoyen plus libre », assure-t-elle. M.-C. Blandin insiste sur ce point en dénonçant un net désintérêt pour la science de la part des adolescents qui préfèrent se tourner vers la mode. En d’autres termes, elle affirme qu’un citoyen qui réfléchit est un frein pour la société de consommation. Marie-Christine Blandin milite pour que la diffusion des savoirs soit mieux prise en compte par l’Etat. Certes, l’ampleur de la culture scientifique d’un pays participe à sa reconnaissance vis-à-vis de ses voisins. Mais au-delà du rayonnement européen qu’acquiert la France via certains de ses centres de science, « la culture scientifique française doit être reconsidérée pour que les citoyens disposent d’un certain esprit critique afin de participer aux débats sociétaux ». Reste à définir les moyens pour y parvenir...
Paméla Huron

Pour en savoir plus : Une culture scientifique et technique pour tous ? Une priorité nationale, rapport consultable sur http://www.senat.fr/rap/r02-392/r02...

P.-S.

Paméla Huron


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