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Travaux  > Écrits  > Rencontres  > Nancy, médiation  > Quels médiateurs pour quelles médiations ?

mercredi 11 mai 2006, par Joanna Jongwane, Marion Le Foll

Compte-rendu de la table ronde organisé jeudi 1er decembre au Palais des congrès...

« La science, c’est ennuyeux ». Etienne Klein, philosophe des sciences, donne le ton de la discussion. Physicien au CEA*, il fait un bilan de l’année mondiale de la physique. « Malgré toutes les manifestations organisées, il n’y a pas plus de gens qui connaissent aujourd’hui la théorie de la relativité. » Pourquoi ? Un problème culturel d’après lui. Le public met en avant le droit de savoir, ce qui est légitime, mais ne fait pas l’effort de savoir. Lors des conférences, il note que les scientifiques ne sont jamais interrogés sur leur activité mais plutôt sur les liens unissant la science au pouvoir, à la démocratie, à la vérité, etc. « Or, la physique ne sera jamais philosophique » affirme-t-il. La science ne peut répondre qu’à des questions scientifiques. Et pour le reste ? Elle pose des problèmes à la société. Alors comment transmettre au grand public des idées fondamentales qui n’ont pas d’applications pratiques ? C’est là qu’interviennent les médiateurs. Même s’il préfère parler de « bozo intermédiaires », particules qui transmettent des forces, E. Klein admet qu’il faut des gens capables de comprendre les scientifiques et en mesure de poser les mêmes questions que le public. « Le peu que je sais des matières qui ne sont pas miennes me vient des journalistes scientifiques » avoue-t-il. Directrice de la rédaction de « Sciences et Avenir », Dominique Leglu atteste : « une formation scientifique initiale m’a facilité le jeu ». Cela permet d’entretenir une saine collaboration avec les chercheurs. Outre les spécialistes et les journalistes, Tahar Gallali, ancien directeur de la Cité des sciences de Tunis, souligne qu’il existe d’autres types de médiateurs, les seniors par exemple. Le témoignage d’Alain Mailfert, chargé de mission à la DATAR**, va dans le même sens. Lors de la revalorisation du patrimoine industriel et technique lorrain, il s’est rendu compte que les meilleurs médiateurs étaient les anciens ouvriers eux-mêmes. Et le public ? Selon D. Leglu, les lecteurs sont demandeurs d’explications. « Ils sont prêts à faire confiance aux journalistes, qui doivent faire une offre responsable », assure-t-elle. Ancien président de la Cité des sciences et de l’industrie, Michel Demazure parle plutôt d’une logique de l’offre : « Nous sommes mandatés par la communauté scientifique. Les chercheurs souhaitent qu’on parle de ce qu’ils font ». Mais le plaisir du public passe par d’autres exigences. Un seul mot d’ordre : « Parlez-nous de nous ! » Dans un tel contexte, comment rendre accessible la culture scientifique et technique ? En France, « on tente de mettre la science en culture depuis deux décennies mais ça ne marche pas ! », ironise Tahar Gallali. Le succès de certaines approches étrangères le pousse à interroger la démarche française. Le plus important, est-ce d’apprendre ou de prendre du plaisir ? Par ailleurs, il met en doute l’emploi du terme « médiation » dans ce débat. Pour ce méditerranéen, une médiation se justifie dans une situation conflictuelle. « Y-a t-il un conflit avec la science en France » s’interroge-t-il ?
Joanna Jongwane & Marion Le Foll

* Commissariat à l’énergie atomique ** Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale

P.-S.

Joanna Jongwane & Marion Le Foll


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