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mardi 6 janvier 2011, par Anaïs Le

Maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université Paris Diderot (Paris 7), historien des médias, du cinéma et des sciences médicales, Thierry Lefebvre est actuellement porteur de projet de restauration et de projections commentées des films de Jean Comandon. Inventeur de la microcinématographie, Comandon a passé toute sa vie à réaliser des films scientifiques, qui selon lui, sont d’une grande utilité pour la vulgarisation scientifique.

Quelles ont été vos contributions en tant que porteur du projet de restauration des films de Jean Comandon ? Je participe à la valorisation des films restaurés par une équipe des Archives françaises du film du CNC menée par Béatrice de Pastre, directrice des collections. L’équipe se charge de la restauration, de la numérisation complète et de la mise à disposition de ces films sur les lieux de lecture proposés par les Archives françaises. C’est à ce moment-là que j’interviens. Pour ce faire, j’ai deux tâches : collaborer à un catalogue qui est en cours de finition et à la valorisation sous forme de visionnage de ces films en des occasions particulières. Cela se déroule par exemple sous la forme d’une présentation comme à la Cité des sciences en juin 2010. En cette année internationale de la chimie, les films de Comandon réalisés en partenariat avec de grands noms de la chimie de son époque seront diffusés.

Pourquoi avoir choisi de restaurer les films de Jean Comandon en particulier ? Ce choix est celui du CNC, il y a trois ans. Il s’agissait de travailler sur des œuvres de non-fiction, c’est-à-dire non romancées. L’idée était de toucher le cinéma scientifique, et il se trouvait que l’œuvre la plus importante disponible à ce moment-là était celle de Jean Comandon. Cette production très importante couvre la période qui va de 1909 à l’après Seconde Guerre mondiale. Jusque-là, 300 films ont été retrouvés, restaurés ou sont en cours de restauration. L’oeuvre de COmandn offre également une multitude de regards sur ce que pourrait être le cinéma scientifique. Il a abordé de nombreux sujets scientifiques : la microscopie, la radiographie, la chirurgie, les maladies neurologiques, etc.

Que peuvent apporter les films de Jean Comandon de nos jours ? A notre époque, celui qui s’intéresse à l’image de science a de nombreuses façons de se régaler. Mais ce qui me paraît intéressant, c’est de montrer l’évolution des techniques scientifiques. Par exemple, les méthodes utilisées dans les années 30 pour extraire le noyau d’une cellule sont toujours utilisées de nos jours. Elles se sont miniaturisées bien sûr, mais le principe de base est resté le même. Je pense que cela permet d’avoir une plus grande profondeur dans l’histoire des manipulations biologiques. Ces films ont 70 ans, mais nous montrent que, déjà à cette époque-là, on essayait de transplanter le noyau d’une cellule dans une autre pour en voir les conséquences. On le voit en pratique grâce à ces images coupées en deux qui permettent de comparer. C’est ce qu’on appelle un split screen. Ces images présentent donc un intérêt certain pour le grand public, outre leur grande qualité esthétique.

À terme, le but de cette restauration est de, je vous cite, « populariser les images de l’infiniment petit auprès d’un large public ». Pouvez-vous m’en dire davantage ? La vulgarisation de ces films est plus ou moins soutenue selon le public ciblé, du film destiné aux chercheurs à celui destiné aux enfants. Par exemple, lors de la Fête de la science 2010, un évènement par définition grand public, des chercheurs d’horizons variés ainsi que moi-même ont commenté directement trois petits films muets d’une dizaine de minutes. L’intervention s’est faite selon le ressenti de chacun. Chacun a pu faire part de ses réflexions propres. Le grand public a pu apprécier cet échange direct avec des chercheurs et satisfaire son intellect.

Propos recueillis par Anaïs Le

Maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université Paris Diderot (Paris 7), historien des médias, du cinéma et des sciences médicales, Thierry Lefebvre est actuellement porteur de projet de restauration et de projections commentées des films de Jean Comandon. Inventeur de la microcinématographie, Comandon a passé toute sa vie à réaliser des films scientifiques, qui selon lui, sont d’une grande utilité pour la vulgarisation scientifique.


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